Vonado versus LEGO

V

Cela fait quelques mois que je suis quotidiennement sollicité par les annonces de Vonado Bricks LLC sur les réseaux sociaux. Un kit luminescent par-ci, un modèle original par là, les propositions alléchantes se succédèrent sans se ressembler.

Alors que je suis plutôt fidèle à la collection Star Wars de Lego (avec une cinquantaine de vaisseaux qui prennent la poussière d’étoile dans mon grenier), je me suis laissé tenté par un modèle d’un nouveau genre, le NASA Apollo 11 Lunar Lander. Cette création, éditée à l’occasion du 50ème anniversaire de la mission éponyme et contenant pas moins de 1.087 pièces est actuellement vendue pour cent euros sur la boutique officielle (avec une marge d’erreur de un centime). Une très belle pièce qui me fait regretter de ne pas avoir acheté le modèle Saturn V, épuisé depuis. Bref, si vous ne la possédez pas encore, jetez-vous dessus.

Mais comme mes recherches laissèrent des traces (de cookie), Facebook en profita pour me narguer durant de longues semaines, me proposant le MOC idéal pour accueillir la fusée que je n’avais pas.

Jusqu’au jour où mon attention a été attirée par une pièce tout aussi inattendue qu’énigmatique et qui était vendue au même prix que le Lunar Lander. Le NASA Space Shuttle complet, flanqué des deux fusées et de son réservoir était là sous mes yeux, à quelques clics de la place laissée par l’absence de Saturn V.

Les conditions étaient donc réunies pour me laisser tenter et la prise de risque pas très élevée. Surtout au regard de pièces plus importantes telles que ce hangar pouvant accueillir mon Falcon Millenium. Nous sommes le 12 juin et je procède au paiement de mon vaisseau avec l’impression désagréable de trahir la marque qui fur le témoin de mon enfance mais voilà, le sort en est jété.

Deux semaines plus tard, on sonne à ma porte, on me remet un paquet d’un kilo et demi dans les mains, la porte se referme. Me voilà seul avec l’objet de ma trahison. De forme peu commune soit dit en passant.

Le colis ressemblait à un coussin de plastique bulle servant de coque et d’amortisseur à un sac contenant plus d’une trentaine de sachets numérotés. Chaque sachet contenait des pièces de formes et de couleurs variées. Sur une carte, le qrcode menant au manuel de montage (le MOC). Un document PDF de 536 pages. 

Ma première surprise fut de constater que les étapes de montage ne correspondent en rien aux numéros apposés sur les sachets. Une solution s’impose donc pour ne pas passer son temps à les parcourir un à un, les vider et réunir vos pièces par couleur et pour les plus patients, par modèles (bords d’attaque, petites pièces, pièces techniques, plaques, etc.)

C’est l’occasion aussi de faire connaissance avec les briques et de les comparer avec les briques officielles. 

La première chose qui vous frappe et on le comprends, c’est l’absence de marque, les points d’ancrage sont totalement lisses à l’exception d’un, légèrement creusé, qui laisse penser que c’est à cet endroit que le plastique a été coulé.

Lego 4x1
Pièce Vonado 4x1

Puis, en les manipulant, vous avez le sentiment que ces pièces sont plus légères que leurs homologues officiels. Cela se confirmera plus bas.

Vous poursuivez donc votre tri et constatez, et c’est un peu plus gênant, que la couleur des pièces varie en fonction de leur forme. Je ne parle pas de pièces blanche et de pièces grises mais bien de pièces de même couleur. C’est particulièrement visible pour les pièces de couleur caramel, de même que pour les pièces blanches ansi que pour les pièces rouges, dont la couleur est quasi saturée. 

Ici comme chez Lego, les pièces de couleur vive sont généralement utilisées comme pièces techniques, de soutient, servant à la solidité du modèle. Leur variation de couleur n’ayant pas d’impact visible, on s’en soucie donc moins.

Par contre, les pièces grises, beige, jaunes et noires présentent une couleur stable. 

Maintenant que chaque couleur a prit ses quartiers sur votre table, observons les différences entre les pièces de même modèle mais de couleur différente. Il est amusant de constater des différence flagrantes, comme si ces pièces provenaient de moules voire de fabricants différents.

Pièces circulaires 12

Mais peu importe, passons au montage.

On commence logiquement par le réservoir principal. Logique puisque les pièces suivantes se grefferont dessus. Nous parlons ici des deux fusées latérales et du vaisseau lui-même. 

Sur la page 18 du plan de montage, vous êtes intrigué par l’ajout d’un cadre qui vous explique comment reproduire une pièce qui s’avérera ne pas faire partie de vos sachets. Nous allons rapidement comprendre que le format PDF facilite grandement la chose pour le fabriquant lorsque des pièces viennent à manquer. 

Nous arrivons à la page 54 et votre réservoir, haut de 10 centimètres pour le moment, doit être complété de briques arrondies mais larges qui viendront combler la structure. Mais après avoir cherché en vain du côté des pièces couleur caramel, j’ai du me résoudre à utiliser les six pièces grises données en échange. En parcourant le manuel rapidement, on ne fait pas mention de leur utilisation de toute manière. 

On sent que le plan allait y faire mention mais voilà, inutile de chercher, votre réservoir présentera des tons inattendus. Fort heureusement, les pièces seront partiellement masquées par le vaisseau, une fois ce dernière accroché à votre réservoir. Dommage. 

Alors que poursuivez l’assemblage de la colonne vertébrale de votre réservoir, vous êtes amené à glisser une tige d’une vingtaine de centimètres qui viendra consolider la structure. Et alors que vous tentez de glisser l’objet, celui-ci semble bloqué par certaines pièces alors qu’elles sont parfaitement alignées. 

Vous doutez, tentez différentes approches. Vous essayez même de l’introduire par de petites frappes successives. Notez que pendant ces essais, les étages s’effondrerons entre vos mains une dizaine de fois. Jusqu’au moment où vous constatez que la tige n’est plus totalement droite. Puis ce sera la dernière et fatale contorsion, celle qui verra la pièce se briser en trois parties. C’est à ce moment que les premier jurons sortent de votre bouche. 

La seule solution qui se propose alors est de démonter le tout une nouvelle fois pour glisser, dès que possible, les trois segments lorsque la hauteur du réservoir le permet. De toute façon, vous n’avez pas le choix. Sans cette tige, il se brisera à la moindre manipulation. 

Nous sommes à la page 99 du plan de montage et vous devez à présent empiler différentes pièces qui composeront la paroi extérieure de votre réservoir. Et alors que votre stress liée à la triple fracture de la colonne vertébrale n’est pas totalement retombé, vous constaté ces larges pièces on mal vécu leur transport. La plupart d’entre elles présentent des traces mats voire des petites griffes. 

Comme si celles-ci avaient déjà vécu des centaines de montage malhabiles. C’est dommage, surtout que ce sont les pièces les plus grandes et les plus visibles de la boîte. Je penses que c’est à ce moment précis que je me suis fait une raison sur tout ce qui pouvait arriver ensuite. 

Mais bon, le réservoir n’est pas terminé et avant de construire l’ogive, vous devez construire une portion cylindrique qui sera couverte de petite grilles. Ce qui vous frappe en assemblant cette partie du réservoir, c’est la tension exercée par les petites pièces sur les plaques sur lesquelles elle sont posées. Jusqu’à légèrement courber ces dernières tel qu’on peut le voir sur cette photo. 

Finalement, le réservoir est assemblé. Il faut à présent rajouter une sorte de tuyau composé d’une succession de cylindres rattachés par des tiges cruciformes rouges. Un grand classique sauf qu’ici, la pièce assemblée est assez fragile. Notez aussi que ce tuyau est maintenu au réservoir dans sa partie supérieure mais n’est pas rattaché à quoi que ce soit dans sa partie inférieure. Incompréhensible. 

Nous passons à présent aux fusées latérales. Cette partie montage s’avérera une partie de plaisir compte tenu de ce qui précède. Toutes les pièces étaient présentes et la couleur respectée. Comme il fallait, là aussi, insérer des tiges à la fin du montage, j’ai décidé des les utiliser dès le départ comme une pic à brochette. Aidé d’autres pièces pour créer un manche et éviter que la tige ne se rompt une fois encore. Cela n’a pas été simple mais cela a fonctionné. Les deux réservoirs ont été montés rapidement, laissant à cette étape de l’assemble que les pièces utiles à la construction de la navette. 

La navette (soupir). Dans la liste des absents, nous avons la verrière de la cabine de pilotage et une pièce d’accroche pour un volet de direction de l’aile. Mais comme on s’était déjà fait une raison après le montage du réservoir, on fait son deuil. 

A mi parcours, vous êtes amenés à monter le bras articulé de la soute du vaisseau. Comme c’est le même principe qui sera utilisé pour monter le câble qui court le long du réservoir, les défauts sont les mêmes. Sauf qu’ici, il est impossible de manipuler le bras sans le casser. M’amenant à coller les pièces, une grande première !

Ceci étant dit, les coller ne servait à rien puisque l’ouverture de la soute « démonte » systématiquement les charnières sur lesquelles reposent les tuilent de toit. 

Si on rajoute à cela la fragilité de l’empennage, qui soit se décroche, soit perd son volet au toucher, laisse une appréciation plutôt moyenne sur la solidité du tout. 

Et je ne parle pas du support sur lequel il repose, on pourrait prendre cela pour de l’acharnement. 

La navette est à présent montée. Si vous vous mettez à quelques mètres, elle en jette. Si vous la manipulez, elle s’éparpillera en plusieurs morceaux, dévoilant la fragilité de la structure mais aussi des pièces qui la compose. 

Quelles sont mes conclusions ? 

Là, vous vous dites que finalement, vous ne faites pas vraiment une affaire, toutes ces

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Serge

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